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Didier Balsac, Tournon en tête

Redactrice Marie Sornin

Lorsqu’il raconte Tournon, Didier Balsac ne commence pas par parler de lui. Il parle des rues, de la place, de l’école, des commerces, du camping, du patrimoine. Pourtant, très vite, on comprend que ces lieux sont intimement liés à son propre parcours.

Fils et petit-fils de conseillers municipaux, il est lui-même élu en 1989 puis entre au conseil municipal en 1995. Quatrième adjoint, puis deuxième, puis premier adjoint, il a accompagné les différentes étapes de la transformation du village avant d’en devenir maire en 2014. Par conviction.

Par passion pour la fonction, pour l’amour de ce village. Et il s'est forgé, chemin faisant, une vision bien à lui de ce qu'il pouvait devenir.

Didier BalsacUn beau village, pas un musée

L’obtention du label Plus Beaux Villages de France, en 2021, a été un moment important. Mais ce
qui frappe dans son récit, ce n’est pas tant cette distinction que tout ce qui l’a rendue possible.
Les rues sont reprises, la place centrale repensée, et une attention particulière est portée à la
végétation. Il ne veut pas d’un village uniquement minéral. Il se souvient de celui de son enfance,
avec ses vignes, ses rosiers et ses plantes.

Il fait participer les habitants, leur demande ce qu’ils souhaitent devant chez eux. Aujourd’hui,
certains entretiennent eux-mêmes les espaces qu’ils ont contribué à choisir. La pierre a donc
retrouvé sa place, mais avec du végétal, de la vie et des usages.

Lorsqu’un projet d’aménagement ne correspond pas à sa vision, il tranche :​
« Non, non, moi je ne veux pas ça. Parce que je sais ce que je veux faire après. »

Lors de la préparation du dossier du label, il découvre ou redécouvre des éléments moins connus
de l’histoire de Tournon. Parmi eux, ce surprenant château d’eau-clocher des années 1950, qui
intrigue tellement l’expert venu visiter le village qu’il devient l’une des curiosités mises en avant.

Didier Balsac, lui, imagine déjà autre chose : un accès au sommet, une table d’orientation et un
point de vue permettant de comprendre la bastide et le paysage qui l’entoure. Transmettre, faire
découvrir… et préserver.

Deux Tournon à faire vivre

« On peut dire que le maire de Tournon a deux villages à gérer. », résume-t-il avec humour. En haut, la bastide, son patrimoine, ses visiteurs, ses restaurants, ses artistes et ses artisans.
En bas, le « Tournon opérationnel » : l’école, les commerces, les services, les équipements, les habitants et l’activité économique.

L’exercice, délicat, consiste à faire fonctionner les deux ensemble, à concilier les opinions, à donner un même cap.

Le développement du camping a attiré des visiteurs et dynamisé l’activité. Les marchés gourmands ont trouvé leur place sur la place centrale, une exposition d’artisans d’art revient désormais chaque été, l’école a quitté la partie haute pour s’installer dans un équipement plus adapté en bas, tandis
que l’ancien bâtiment trouve une nouvelle destination.

Pris séparément, ce sont des dossiers municipaux. Mais mis bout à bout, ils révèlent une volonté : garder Tournon vivant et prospère.
Il parle aussi volontiers de ce qui n’est pas encore réalisé. Le jardin de l’Octroi, le chemin qui doit relier la ville basse au chemin de ronde, les logements pour de jeunes familles, l’habitat destiné aux seniors, l’évolution des commerces...

Il ne considère pas Tournon comme un ensemble achevé, mais comme un village en mouvement.

Didier_Balsac_Maire_Tournon_d_AgenaisEt puis arrive Art Bastide

Dans cette vision, Art Bastide n’arrive pas comme un projet supplémentaire inscrit sur une liste,
c’est une pièce du puzzle : un lieu capable d'attirer à Tournon des personnes qui ne seraient
peut-être jamais venues autrement.
Des artistes, des stagiaires, des visiteurs, mais aussi des professionnels à l’occasion de séminaires ou de rencontres.

L’idée de Bo Filarski séduit rapidement le maire.
Il se souvient du jour où elle est venue la lui présenter : “Alors, moi, d’entrée j’ai dit : cette dame est
remarquable”. Il est sensible à son expérience, à son énergie, à son sens de la communication, à sa
capacité à déceler et à mener à bien un projet prometteur.

Il pense à l’activité économique, bien sûr, mais voit aussi une opportunité pour renforcer la vocation artistique naissante du village, aux rencontres, à la visibilité qu’un tel projet peut apporter en associant art et patrimoine. L’ancienne école, ses grands espaces et ses ouvertures vont changer de fonction sans perdre complètement
leur histoire.

Le bâtiment ne sera plus une école, mais il ne deviendra pas non plus un lieu sans mémoire.

L’appui de la Mairie et du Conseil Municipal s’avèrera décisif pour le lancement du projet. Membre
d’honneur de l’association, Didier Balsac s’y implique avec la même logique qui semble guider son
action depuis des années :
faire évoluer Tournon, lui donner de nouvelles raisons d’attirer et de
retenir, sans effacer ce qui fait son identité.

Un engagement pour la nature

Pourtant, derrière les projets et les dossiers, le portrait de Didier Balsac ne serait pas complet sans mentionner son attachement à la nature.

Ancien agriculteur, il choisit, au début des années 2000, avec son épouse, de convertir son exploitation en agriculture biologique. Il raconte le sentiment d’avoir voulu sortir d’une agriculture où l’on finit par travailler presque mécaniquement : traiter parce qu’un conseiller vous le dit, produire, recommencer. “Je me suis régalé à faire du bio, à protéger la nature, à la comprendre” explique-t-ilavec conviction.

Il parle de l’eau, de la sécheresse, des incendies, des oiseaux et des animaux qu’il observe autour de chez lui, il s’intéresse à la manière dont les rénovations peuvent faire disparaître les abris naturels. Un jour, lui et son épouse avaient envisagé de transformer une vieille grange en gîte. Les plans étaient avancés… jusqu'à ce qu'ils pensent aux hirondelles, celles qui nichaient en nombre dans la bâtisse. « La grange, elle est restée comme ça. ». Certaines priorités sont incontournables.

Tournon demain

À quoi ressemblera Tournon demain ? La réponse n’est pas, chez lui, un grand plan théorique. Elle tient plutôt dans une accumulation de choix très concrets : permettre aux enfants de rester, accueillir de nouvelles familles, garder des commerces, faire venir des artisans, ouvrir le village aux
artistes, entretenir les chemins, protéger la nature, valoriser le patrimoine.

Ne pas choisir entre le passé et l’avenir. Car si Didier Balsac semble avoir une idée très précise de Tournon, cette idée n’est pas celle d’un
village immobile, c’est celle d’un village qui continue son histoire.
Et dans cette histoire, il a encore quelques chapitres en tête.

Les dates des ateliers sont en ligne. Cliquez pour consulter les dates pour: la peinture - l’art du métal - la céramique .

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Artbastide : l’aventure artistique commence ici

Redactrice Marie Sornin

Steve & HarveyLorsque Bo Filarski apprend que l’école primaire de Tournon va être relocalisée, elle imagine immédiatement l’usage que l’on pourrait faire des vastes pièces aux larges fenêtres de l’ancien bâtiment : des ateliers, bien sûr ! Sa proximité avec Steve Maker et Harvey Freer fait le reste. D’une simple discussion à bâtons rompus, ils se retrouvent à réfléchir aux possibilités.

Ils sont tous trois installés à Tournon depuis plusieurs années et veulent valoriser ce village qu’ils ont choisi : Bo maîtrise parfaitement le fonctionnement d’un grand atelier artistique - elle a créé le plus grand atelier de céramique d’Europe en Lorraine - Steve et Harvey apportent leur longue expérience du monde de l’art et leur regard sur les attentes de ceux qui viennent y séjourner.

L’idée, qui tire parti de cet espace et s’implante dans la bastide, prend forme : L’ancienne école accueillera des stages hebdomadaires, animés par des artistes confirmés : peintres, métallier d’art, céramiste, impression shibori et teinture textile. La Mairie, séduite par ce projet qui valorise le patrimoine local, les soutient. Artbastide est née.

Steve et Harvey deviennent membres fondateurs. Ce genre de projet, ils ne s'en lassent pas : Ils ont toujours aimé les lieux où les idées circulent, où les savoir-faire se transmettent et où les œuvres ont une histoire à raconter. Et Tournon les a séduits par sa beauté intouchée, ses paysages, sa lumière. Pour eux, contribuer à développer le village ne signifie pas le transformer, mais au contraire l’aider à faire connaître ce qui fait déjà sa singularité, tout en veillant à le préserver.

Préserver ce qui mérite de traverser le temps

Comme beaucoup pendant la pandémie, Steve Maker et Harvey Freer passent davantage de temps devant leur ordinateur. Ils vivent alors près de Portland, Oregon, où ils ont consacré une grande partie de leur vie à l'art. Au fil de leurs recherches, une annonce immobilière presque improbable attire leur attention : une vieille maison du XIIIᵉ siècle, au cœur de la bastide de Tournon-d'Agenais en Lot-et-Garonne. Sans l'avoir vue, sans connaître le village, ils l'achètent et décident d'y vivre. Pendant plus de trente ans, Steve Maker et Harvey Freer ont dirigé The Cultured Pearl, une galerie réputée à Portland, dans le quartier du Pearl District : "the place to be", comme le dit Steve avec malice. Leur expertise et leur passion pour l'art ont fait de leur galerie bien plus qu'un simple commerce. On y venait pour les tableaux, les antiquités et les cadres anciens, mais aussi pour échanger, découvrir, discuter d'art.

Steve & HarveyIls y remettaient en état des œuvres parfois très abîmées et parcouraient régulièrement l'Europe, et la France, à la recherche d'antiquités et de pièces singulières.

Steve, peintre, a consacré une partie de son œuvre aux grands paysages de l'Oregon et aux visages des peuples premiers d'Amérique du Nord. Son intérêt pour ces derniers semble porter davantage sur la mémoire et l'identité que sur le folklore. Les visages notamment, sont traités avec retenue, avec un travail minutieux sur les regards. Il peint aussi beaucoup les paysages de l'Oregon, les forêts, les montagnes et aussi, les rivages du Pacifique. Là encore, ce qui frappe est la lumière, jamais démonstrative, presque silencieuse.

Harvey peint lui aussi, lui qui fut musicien, jouant du basson et du hautbois dans plusieurs orchestres classiques. Dans ses paysages, il semble moins chercher à reproduire fidèlement un lieu qu'à en restituer l'atmosphère. La lumière est plutôt suggérée que décrite, l'espace, vaste, semble accepter le vide. Il en ressort une impression de calme, de silence et de légère étrangeté, comme si le paysage avait été observé puis reconstruit en esprit.

Une maison comme une œuvre à restaurer

Lorsque Harvey et Steve découvrent leur maison de Tournon, elle est abandonnée depuis près de cinquante ans. Beaucoup y auraient vu un chantier décourageant, mais pas eux : ils discernent les volumes, les vieilles pierres fatiguées, les restaurations précédentes plus ou moins réussies à différentes époques, tout un potentiel captivant qui les enchante. Ils travaillent sans relâche sur cette maison, à laquelle ils redonnent vie avec la même passion et le même respect que leurs œuvres d'art, car comme le dit Harvey : "ce n'est pas un travail de rénovation, mais de restauration".

Steve & HarveyEt cela, on le voit bien dans les choix qu'ils ont faits : conserver la vieille pierre du Quercy autant que possible, reconfigurer certaines pièces en mettant en valeur les hauts plafonds, en redonnant une utilité aux niches et recoins, en préservant les très anciens parquets aux larges lames… et ces pièces revivent, ornées de mobilier, de peintures et d'objets soigneusement remis en état.

Leur savoir-faire ne reste pas confiné derrière leur porte. Ils ont notamment sauvé une grande toile ancienne d'une église de Tournon-d'Agenais ; l'œuvre a ainsi retrouvé sa place dans le patrimoine local. C'est bien dans cet esprit de partage de savoir-faire et d'expertise qu'ils se sont impliqués dans la genèse d'Artbastide.

Steve et Harvey ont toujours un projet en cours, une nouvelle forme d'art à explorer, une toile à peindre, une pièce à faire revivre. Lorsqu'ils racontent cette activité continuelle, on voit qu'ils pensent aux projets dont ils ont parlé, mais aussi à d'autres idées encore non abouties ; ils sourient, ils haussent les épaules dans un mouvement vraiment très français…

Ils ont, chacun dans leur style particulier, un regard clair et incisif, et serein aussi. Il y a de la patience dans leur façon de vous considérer. On sent qu'ils voient ce qui est là et ce qui pourrait être aussi ; qu'ils y voient un avenir, une transformation possible : la très ancienne maison qu'ils habitent, les objets qui s'y trouvent, et ce qui les entoure en général. C'est peut-être cela le regard de gens qui, tout au long de leur vie, ont su aimer avec ferveur leur travail de recherche et de préservation, avec une volonté juvénile d'entreprendre toujours. On ne se refait pas, n'est-ce pas ?

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Quand une bastide devient atelier : Tournon-d'Agenais, un village qui inspire les artistes

Redactrice Marie Sornin

Quelle est donc cette magie qui attire les artistes à Tournon d’Agenais ? Est-ce la position de cette bastide du XIIIe siècle, perchée haut sur son pech, comme inscrite dans le ciel ? Faut-il plutôt imputer ce mystère à sa beauté discrète qui lui a valu d’être classée parmi les “Plus Beaux villages de France” ?

Est-ce parce que Tournon d’Agenais ne cherche pas à se mettre en scène et que ses ruelles en damier, son beffroi, ses maisons à colombages si anciennes, ne sont pas un décor ? Car ils sont, en vérité, une matière : dans les murs, dans les volumes des maisons, dans une qualité de présence tangible et bienfaisante, dans l’impression que le temps y fonctionne différemment.

Tournon d'Agenais

Les artistes ont cette capacité particulière à percevoir les atmosphères. Ils recherchent un endroit qui laisse de la place pour observer, réfléchir, expérimenter. Et quand un endroit leur parle dans ce sens, ils y restent, parfois pour quelques semaines, parfois pour le reste de leur vie. A Tournon, ils ouvrent des ateliers, restaurent des maisons anciennes, exposent dans les ruelles ou réinventent l’usage de vieilles bâtisses.

C'est une histoire qui se répète, avec des variantes. Des artistes de passage dans le Sud-Ouest - certains venus de loin, des Pays-Bas, des Etats-Unis ou d'ailleurs - découvrent la bastide presque par hasard, reviennent, achètent, s'installent.

Ce sont des artistes reconnus dans leurs disciplines respectives : céramistes, peintres, métallier d’art, … Ils ont choisi Tournon. Ce choix en dit long sur la complicité qui peut s’établir entre un territoire et un artiste : les artistes ne viennent pas seulement chercher un lieu agréable. Ils cherchent un environnement qui nourrit leur création.

Travailler dans une maison plusieurs fois centenaire, restaurer des murs qui ont traversé les générations, créer face à des paysages inchangés depuis des siècles… Le patrimoine, même très ancien, même chargé de mémoire collective et de tradition, n'est pas un frein à la modernité. Il élargit le champ de la création. C'est un ancrage dans la durée et dans la matière, qui donne de la profondeur au geste créatif.

Art Bastide : faire de la création une histoire collective

Les artistes peuvent aimer un lieu sans vraiment y appartenir. Ils y travaillent quelque temps, puis repartent.

L'ambition d'Art Bastide est différente : faire de la création une composante naturelle de la vie du village, pas seulement un événement ponctuel. Ateliers hebdomadaires, séjours artistiques, résidences, futur centre d'art dans l'ancienne école... l’idée est de construire avec le village, pas simplement dans le village.

En traversant un territoire où la création est présente - où des ateliers sont ouverts, où des œuvres dialoguent avec des bâtiments anciens, où quelqu'un a pris le temps de regarder longuement ce que nous traversons en voiture — quelque chose change dans notre regard.

Le patrimoine inspire les artistes. Les artistes, à leur tour, révèlent leur vision unique. Et l’émotion qu’elle procure déverrouille cette capacité innée qui dort un peu en nous : celle de percevoir le beau et l’insolite, l’énergie et la force dans ce que nous voyons et de nous en faire un récit personnel. Il suffit peut-être pour cela d'une belle bastide accueillante, d'un atelier ouvert... et de quelques personnes qui ont décidé de s'y arrêter un peu plus longtemps que prévu. ***

Dans les prochains articles, nous irons pousser la porte de quelques-uns de ces ateliers. Chacun raconte à sa manière pourquoi certains artistes viennent à Tournon-d'Agenais... et pourquoi ils y restent.

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Les trésors cachés de Tournon d’Agenais

Redactrice Marie Sornin

Tournon d'Agenais

Quand j’ai découvert Tournon-d’Agenais, j’étais épuisée. Épuisée par cette grande ville où je vivais et qui m’avait confisqué, avec ma coopération active je l’avoue, une part essentielle de moi-même : quelque chose qui s’était rétréci, découragé par le chaos, la vitesse, l’injonction à faire plus, plus vite, mieux.

Et un jour, j’ai posé les yeux sur la campagne autour d’une vieille maison que je convoitais et là : un silence habité, un vaste espace vallonné, une lumière bleutée (il pleuvait) mais caressante quand même, se sont imposés à moi avec douceur et fermeté. Comme de vieux amis oubliés venus restituer ce que j’avais cédé sans compter.

Certaines richesses n'apparaissent pas sur les cartes touristiques. Pas de panneau indicateur, pas de billet d'entrée, pas même une boutique de souvenirs à la sortie. Pourtant elles s’offrent généreusement à ceux qui empruntent les petites routes qui mènent à Tournon-d'Agenais : le silence, l'espace et la lumière, trois trésors locaux inépuisables, écologiques et parfaitement gratuits.

Le silence, premier luxe moderne

On ne réalise à quel point le bruit est constant que lorsqu'il disparaît vraiment. La première réaction de citadin est parfois une légère inquiétude. Puis l'on découvre que ce silence n'a rien d'hostile ; c’est un silence amical, qui vous enveloppe gentiment.

Il n’est jamais totalement vide : un oiseau qui siffle dans une haie, le vent qui traverse les arbres, un tracteur au loin qui pétarade, contrepoint à la sérénité ambiante. Les collines, les villages perchés, les routes sinueuses qui entourent le village ont, semble-t-il, conclu depuis longtemps un pacte de non-agression avec l'agitation du monde.

Ce silence a une vertu que la science commence à documenter sérieusement : il restaure. Il permet au système nerveux de desserrer son étreinte, à la pensée de ralentir, à la créativité de remonter à la surface.

Tournon d'Agenais

L'espace, une géographie de la respiration

La campagne autour de Tournon d'Agenais ne cherche pas à impressionner. Pas de sommets
vertigineux, pas de paysages qui écrasent, mais au contraire des collines qui ondulent doucement, de larges vallons, des champs qui dessinent de grands aplats de couleurs.

Cet espace a quelque chose de profondément régulateur. Quand le regard peut se poser loin, quelque chose dans la posture change. Les épaules descendent. La respiration s'approfondit. On retrouve une échelle humaine perdue dans les villes où le moindre bâtiment rétrécit le ciel. Les petites routes qui serpentent entre Tournon, Penne-d'Agenais, Villeréal ou Montflanquin traversent des paysages qui semblent indifférents à l'urgence. Rouler lentement n'y est pas une contrainte — c'est une invitation. Voire une philosophie.

La lumière : l'artiste discrète du territoire

Le Lot-et-Garonne n'est pas la Provence. Il n'a pas la lumière blanche et dure qui brûle les pierres, sature les couleurs et donne au cliché Instagram l'air d'une publicité pour du rosé. Sa lumière est plus discrète, subtile — dorée le matin sur les coteaux, bleutée dans les fonds de vallée à l'aube, cuivrée le soir quand le soleil glisse derrière les collines.

Elle transforme le même champ en dix tableaux différents selon l'heure. Elle rend les villages médiévaux perchés — dont Tournon d'Agenais est un exemplaire intact — presque irréels à certains moments de la journée, flottant entre ciel et terre dans une brume lumineuse.
Cette lumière travaille avec vous, jamais contre vous : contre-jours délicats, reflets sur la pierre et ciel lumineux influencent les rythmes de vie. On observe, on attend le bon moment. Les saisons comptent. Les heures comptent.

Des ressources fondamentales

Le silence, l'espace et la lumière ne sont pas de petits bonus agréables qu'on mentionne après les marchés et les bastides. Ils sont le cœur de ce que cette campagne peut donner. Dans un contexte de surcharge informationnelle, de villes de plus en plus denses et d'écrans omniprésents, ces ressources "invisibles" répondent à des besoins humains fondamentaux que nous avons du mal à nommer mais que nous ressentons intensément. Le besoin de lenteur. Le besoin de vide. Le besoin de beauté authentique.

J’ai acheté la vieille maison. Alors que j’écris ceci, je baigne dans la douce lumière du matin, face à la vallée tranquille. La vie est belle.

Venez découvrir vous aussi ces trésors cachés. Dans notre centre Artbastide, vous découvrirez un univers à part, loin du tourisme de masse, des embouteillages, du rythme effréné et de la pression de la performance. Il ne s'agit pas d'un concours artistique, mais d'un voyage de découverte en compagnie de personnes partageant les mêmes centres d'intérêt, autour d'un artisanat traditionnel que nous proposons. Un atelier où vous créez vous-même et appréciez le processus dans un cadre enchanteur.

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Tournon Art-Bastide arrive

Bastide_de_Tournon_d_Agenais

Art-Bastide est un centre artistique et artisanal proposant quatre disciplines.

Avec une équipe de neuf fondateurs et cinq artistes, nous préparons ce formidable projet depuis deux ans.

Nous prévoyons son ouverture au printemps 2027.

Art-Bastide sera situé dans l'ancienne école primaire de la bastide royale de Tournon d'Agenais.

Le conseil municipal et les échevins ont approuvé le projet.

Des ateliers d'impression Shibori, de teinture textile, de peinture, de travail du métal et de poterie seront proposés. Des ateliers hebdomadaires seront organisés pour les habitants de la région, et des séjours thématiques seront proposés. Nous collaborerons avec des restaurateurs et des chambres d'hôtes locaux pour l'hébergement et les repas. Nous étudions également, avec plusieurs psychologues, la possibilité de proposer des ateliers pour les jeunes présentant un autisme léger.

Il reste cependant beaucoup à faire. Le bâtiment doit être adapté : sanitaires, électricité, etc.

Certains enseignants/artistes sont déjà installés à Tournon, tandis que d'autres sont encore à la recherche d'un logement. Nous travaillons à un important plan marketing international, dont cette plateforme sera le pilier central. Outre les tâches administratives et financières, il s'agit d'un projet d'envergure, mené par les bénévoles de la fondation Arts Tournon d'Agenais.

Cette fondation est le moteur et le garant du projet Art-Bastide.

Nous sommes également en contact avec les propriétaires de chambres d'hôtes locales afin d'assurer le bon déroulement du projet.

Vue_du_rempart_de_la_BastideCe projet s'inscrit par ailleurs dans un projet régional d'artisanat plus vaste.

Pour toute question ou si vous connaissez une chambre d'hôtes susceptible de proposer des hébergements, veuillez nous écrire à : contact-association ATA

Par ailleurs, nous avons la chance d'avoir déjà reçu de nombreux dons qui ont permis le lancement initial de ce projet. À terme, nous espérons mettre en place un système d'autofinancement qui assurera la pérennité financière du projet. Mais il est clair, avant d'y parvenir, que nous avons encore besoin de fonds importants pour démarrer. Tout don est le bienvenu. Si vous souhaitez contribuer, regardez ci dessous.

Mais tous ces équipements seraient vains sans l'engagement de cinq enseignants/artistes exceptionnels. Je vous invite à parcourir les différents onglets de ce site pour découvrir qui sera présent.

J'espère vous accueillir prochainement dans notre centre.
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Bo Filarski (Présidente d'Arts Tournon d'Agenais / Art-Bastide)

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